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Débat

19-22 mars 2014 Colloque sur le chômage

"DETTE & PRISON DE L’EMPLOI" & "LE CHÔMEUR CRÉE SON SALAIRE"

dimanche 9 février 2014, par Paul Willems

19 mars, à 09:00 – 22 mars, à 17:00
Salle Article 23
Place Emile Dupont, 1
4000 Liège

2 thèmes en 2 x 2 jours :

"DETTE & PRISON DE L’EMPLOI" & "LE CHÔMEUR CRÉE SON SALAIRE"

 

Horaires :

Le mercredi de 9 à 17h : "Dette et emploi"

avec une pause de midi entre 12h et 13h puis une réflexion en groupe de 14h à 15h30, avant un retour en plénière.

Le jeudi de 9 à 17h : "Dette et emploi"
(même horaire que le mercredi).

Le vendredi de 14 à 17 h : "Dette et emploi"

Le samedi de 14 à 17 h : "Le chômeur crée son salaire"

 

Inscriptions > envoyer un mail

à P. Zech.

 

En savoir plus sur Friot et le Réseau salariat

 

(Le Réseau salariat liégeois est essentiellement un relais du réseau français, et est pour l’instant une simple association de fait)

Note sur la théorie du salaire socialisé de Bernard Friot.

Le système productif tel qu’il existe supprime massivement des emplois. Les sauts de productivité sont trop importants. Dans le secteur minier par exemple, l’on utilise des camions de plus 150 tonnes. Ce que 40.000 sidérurgistes faisaient il y a 40 ans, aujourd’hui, 2000 arrivent à le faire. Dans les pays émergents, la mécanisation en agriculture jette des millions de paysans sur les routes.

Pour résoudre ce problème, une seule solution : l’assurance-chômage. Mais plusieurs modèles d’assurance-chômage existent. L’un prétend qu’il suffit d’octroyer un revenu minimal à chacun, intitulé revenu de base. Certaines personnes défendent très activement ce point de vue. [1] D’autres préfèrent utiliser recourir à un système d’indemnités, lesquelles sont financées par la solidarité du travail ou la fiscalité. (Système classique, existant dans plusieurs pays européens.) Mais lorsque les revenus des petites entreprises dont l’existence résulte des gains de productivité et des progrès techniques accomplis suffisent à peine à payer des salaires, et que le nombre de travailleurs est de très loin inférieur au nombre de chômeurs, il est difficilement concevable de financer l’assurance-chômage au moyen de la solidarité. Il faut trouver autre chose. Surtout que les gains de productivité ne sont pas forcément compensés par une création d’emplois suffisante dans d’autres secteurs, même à long terme.

Un sociologue et un économiste français, Bernard Friot propose un système socialisé d’allocations. [2] Récemment, à l’occasion de la sortie du livre Choming out [3], les médias alternatifs belges ont un peu parlé de lui.

Pour ce dernier, il faudrait plutôt redéfinir le travail, qui ne serait plus nécessaire de la même manière, mais qui serait toujours nécessaire. Dans sa théorie, les travailleurs gèrent eux-mêmes les profits, financent avec ces derniers leur salaire et en octroient une partie aux chômeurs, et une autre partie au capital. Ces diverses caisses sont gérées par les travailleurs. Bernard Friot est opposé à l’allocation universelle, et préconise une solution à la crise de l’emploi, du revenu et du chômage où les travailleurs dirigent en commun leur entreprise, mais surtout où le salaire socialisé sert à financer l’investissement, l’assurance-chômage et les salaires, bref où l’on paie le chômage, l’investissement et les indemnités avec une partie du salaire.

Hélas, ce système fait encore dépendre les chômeurs des travailleurs. Il reste profondément inégalitaire. En fait, il y a moyen de lui apporter une amélioration substantielle. Il suffirait que la part des profits alloués aux chômeurs, la part des profits alloués au travail, et celle qui est allouée au capital, bref à l’investissement, soient déterminées par les travailleurs, par les chômeurs et, éventuellement, par les investisseurs en même temps. Dans ce cas, la masse des revenus du travail, ce qui ne signifie pas les salaires, mais, en fait, les profits, sont gérés par les travailleurs, par les chômeurs, et, dans une certaine mesure, par les investisseurs. Les diverses caisses de chômage et de solidarité sont gérées par des collectifs de chômeurs et de travailleurs.

La théorie de B. Friot est intéressante. Mais, évidemment, cela reste une théorie. C’est-à-dire qu’elle ne résout pas tous les problèmes. Comme les problèmes d’adaptation au travail par exemple, ou d’adaptation au changement, ou du manque d’innovation, ou de dynamisme. La socialisation du salaire ne permet pas de comprendre comment l’on va gérer la part dévolue à l’investissement. Gestion démocratique ou pas ? Le problème est là. Les choses sont beaucoup plus compliquées !

Mais il semble certain qu’il s’agit de tout réinventer, au lieu de se lancer tête perdue dans des guerres pour faire baisser le prix des matières premières et pour empêcher des peuples de se développer, tout en leur imposant des plans d’ajustement qui causent des génocides.

Une régulation, autrement dit une gestion révolutionnaire des problèmes est nécessaire. Le capitalisme doit être assujetti à des règles. Les peuples également. ces règles, ils doivent en convenir ensemble. Il s’agit de le faire au moyen d’un processus démocratique. Pour le moment, la démocratie n’est qu’une tartufferie, qu’un prétexte, un spectacle. Il serait dommage que des travailleurs socialisés prennent la relèvent d’authentiques criminels de guerre.

Il est également nécessaire de mettre sur pied un tribunal économique. [4]

 


[1Comme Basic income.

[2Lire dans le Monde diplomatique La cotisation, levier d’émancipation.

[3De Marco Monaco, Thierry Müller, et Gregory Pascon (Liège, éditions d’Une certaine gaieté, 2013, 127 pages, 8 €)

[4Voir ici ou ici par exemple.

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