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Région et politique du chômage

Pourquoi la Région ?

Journal de campagne

samedi 12 avril 2014, par Paul Willems

Je me présente à la Région sur les listes du parti des Égalitaires. Pourquoi la région ? Qu’est-ce que c’est la Région ? Les candidats des petits partis font à peine la différence entre les divers niveaux de pouvoir. Les gens sont presque aussi indifférents à ce qui se passe à la Région qu’à l’Europe. Ça me tombe un peu dessus comme ça. Il faut des gens sur la liste régionale. Ça ne me dérange pas. Il y a longtemps que je m’intéresse à la Région. J’aurais voulu axer ma campagne sur la question du chômage, mais qu’est-ce qui m’en empêche, hormis un point de vue a priori sur ce qui est censé faire l’objet de la politique régionale.

À Bruxelles, je suis servi. Il y a près de 30% de chômeurs. 50% de jeunes sont au chômage. Ce sont des chiffres astronomiques. Bruxelles est la région de la Belgique où le taux de chômage est le plus élevé. Tout cela a un impact sur les politiques menées, sur l’état d’esprit des hommes politiques. Il y a à coup sûr plein de choses à faire.

Dans toute société, lorsque le chômage dépasse un certain montant, cela se traduit par des conflits, par des émeutes. Si l’on n’en est pas là, c’est bien sûr parce que les chômeurs bénéficient d’une allocation.

La politique du chômage fait encore partie des compétences de l’état fédéral. j’aurais voulu me mobiliser contre les programmes d’exclusion du bénéficie des allocations de chômage qui concerne des dizaines de milliers de chômeurs. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de chômeurs sont exclus du bénéfice des allocations de chômage. Cela ne fait pas beaucoup de bruit. Les médias sont assez discrets à ce sujet. Il faut dire que les chômeurs sont mal organisés. Ils manifestent rarement. Quand c’est le cas, ce ne sont pas eux qui organisent les choses, mais les syndicats. Et, ces derniers ne mobilisent que des chômeurs. Les choses sont bien organisées. C’est à peine si on s’aperçoit de quelque chose. Les manifestations ne contestent pas la politique économique du gouvernement, mais seulement les causes et les quotas d’exclusion du bénéfice des allocations, et leurs méthodes, ce qu’ils appellent la chasse aux chômeurs. On est un peu dans la même situation que les sans-papiers qui sont quelques poignées à manifester. Ceux qui ne sont pas concernés par des mesures d’expulsion ne manifestant pas. Les sans -papiers manifestent par groupe d’affinités. Comme si la politique du chômage ne concernait que les chômeurs ! Toute la société devrait se mobiliser. Tous sont des chômeurs potentiels. Enfin, pas tout à fait. Il y a des gens plus durs que d’autres. Les gens vivent différemment les choses. Pour certains le travail représente une torture. Pour d’autres, au contraire, il les rassure, il représente presque une occupation agréable. Ils sont convaincus de leur mérite.

La Région mène une politique économique, elle organise des formations. Il y a plein de choses à faire à ces deux échelons pour les chômeurs. Il manque de formations. Il manque de débouchés. Les structures d’accompagnement des chômeurs sont régionales, et elles jouent un rôle fondamental. Elles représentent un aspect essentiel de la politique du chômage. Je dois mieux me documenter au sujet des compétences respectives de l’O.N.E.M. (Office nationale de l’emploi) qui paie les allocations, et d’ACTIRIS qui est chargé d’aider les chômeurs à trouver un emploi correspondant à leurs compétences.

Il y a des choses que la Région ne peut pas faire. Si l’O.N.E.M. et le pouvoir fédéral ont pour objectif de précariser de plus en plus l’emploi et de mettre de plus en plus de gens au chômage afin d’exercer une pression sur les salaires, à part
proposer tout plein d’emplois à des chômeurs, rien n’empêchera l’O.N.E.M. d’exclure des milliers de chômeurs. Y a-t-il moyen de mener une authentique politique économique à l’échelon régional ? En partie. Il y a moyen de faire certaines choses. Mais quoi ? Subsidier des associations qui formeront des chômeurs à un tarif minimal, comme il en existe déjà tout plein. Se servir des toitures plates de la région et en faire des potagers, et inciter des chômeurs à les exploiter ? La Région peut-elle prendre des dispositions pour qu’une partie des emplois des pouvoirs subordonnés soient dévolus à des chômeurs. Il y aurait moyen de privilégier une sorte de tournante. Au lieu de mettre des chômeurs de force au travail comme le suggèrent certains mandataires politiques, il y aurait moyen de procurer un emploi normal ou mi-temps à des chômeurs pendant une période de cinq ans, à charge pour eux, pendant cette période de continuer à se former pour pouvoir faire autre chose ensuite. Mais est-ce que la Région dispose des compétences requises, du pouvoir, pour faire une telle chose ? Il serait temps que j’approfondisse une série de questions et que je leur apporte une réponse. Moi ou un autre. J’ai plein d’idées.

Il est important de connaître les rouages des institutions existantes, d’en analyser les limites, les faiblesses. Il ne suffit pas d’influer sur le système pour changer les choses. Il ne sert à rien d’influer sur la politique si l’on ne voit pas ce qu’il y aurait moyen de faire.

La politique régionale sert en général de relais aux politiques nationales. Son objectif est de faciliter cette politique. Mais pourquoi en est-il ainsi ? Pourquoi faudrait-il mettre à la disposition de toutes sortes de patrons une main d’œuvre peu qualifiée, et la moins chère possible, en faisant en sorte de précariser un maximum de gens ? Est-ce que la Région fait exprès de précariser une partie de la population ? Ne peut-elle organiser de meilleures formations ?

Ce n’est pas simple. Dans ses attributions, la Région bruxellois a l’Enseignement. Mais elle administre l’Enseignement francophone avec la Région wallonne dans le cadre de la communauté française de Belgique. Elle ne fait donc pas ce qu’elle veut, sauf en ce qui concerne la formation dite de promotion sociale. Le parlement flamand administre l’enseignement flamand, et 6 députés bruxellois siègent au parlement Flamand. Ils sont élus par des néerlandophones de la région bruxelloise. Ils ne peuvent siéger en même temps au parlement Flamand et à la région bruxelloise. La Région et la Communauté flamandes ont fusionné. Les régionalistes bruxellois n’ont aucune compétence en ce qui concerne l’Enseignement flamand à Bruxelles. Les mandataires régionaux bruxellois néerlandophones ou flamands qui siègent à la région flamande ne peuvent prendre part au vote qu’en ce qui concerne les matières communautaires, comme l’enseignement ? À Bruxelles, il est donc difficile de mener une politique spécifique en ce qui concerne l’Enseignement. Il y a moyen de dire que tout doit se négocier. Mais est-ce la raison pour laquelle les choses vont si mal pour l’emploi et l’enseignement à Bruxelles ? [1] Je ne pense pas. Mais cela joue certainement un rôle.

Inutile d’en rajouter. Il y a plein de choses à faire, y compris à la Région, pour les chômeurs. En Belgique, la Région est peut-être devenu le niveau de pouvoir où, en fin de compte, il y a le plus de choses à faire. Ce niveau de pouvoir ne concerne pas les questions presque personnelles qui sont du ressort des communes. Et il ne concerne pas non plus le domaine des politiques abstraites, dirais-je, qui sont du ressort de l’état fédéral. Il se situe entre les deux. Il permet de vérifier que les politiques abstraites sont adaptées aux conditions de vie et d’existence des personnes, et l’on peut y jouer en quelques sortes sur les deux tableaux pour changer certaines choses.



[1On trouve quelques indications complémentaires concernant l’organisation de l’enseignement à Bruxelles dans une étude sur l’Enseignement bruxellois réalisée par Brussels Studies.

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