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POLITIQUE INTERNATIONALE, CHINE

Pyromanie impériale et lutte de Tibétains

edito

lundi 5 mai 2008, par adk

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À la mi-mars 2008, la couverture médiatique des émeutes mortelles qui éclatent à Lhassa et dans d’autres villes tibétaines suscite un vaste élan de solidarité, une mobilisation internationale. Des gens entendent protester contre les méthodes du gouvernement chinois.

À quelques mois des Jeux, éclate une invraisemblable campagne de dénigrement antichinoise, sujette à des dérives systématiques. Une campagne de désinformation subliminale et systématique est orchestrée. Des démentis fusent, remettent les choses à leur place. Les grands médias eux-mêmes font état des erreurs qui ont été commises par certains organes de presse.


Tout d’un coup, sinon la lutte pour le Tibet, pour les Tibétains, en tout cas la lutte contre le terrible régime chinois fait régulièrement la une des journaux. On exhibe partout son attachement au Tibet, à ce peuple quasi olympien. Il y a des luttes comme cela, comme la lutte pour les Tibétains, contre le terrible régime chinois. Celle des Indiens Mapuche fait couler beaucoup moins d’encre. Pourquoi pas un état mapuche dans la Cordillère des Andes ! En effet, pourquoi pas, tant qu’on y est ?

Plusieurs gouvernements qui invoquent les événements survenus au Tibet remettent en question leur participation à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques qui se déroulent en Chine. La proximité des Jeux Olympiques qui, cette année, ont lieu en Chine, aurait pu servir de prétexte à un rapprochement, mais, à la place, ce sont les démons fanatiques engendrés par la haine du rouge et du jaune réunis, ou plutôt par celle de la concurrence, qui gagnent du terrain. Il est piquant de constater qu’un dirigeant comme Silvio Berlusconi dont, en dépit du black out médiatique, la répression sanguinaire des manifestants à Gênes en 2001 a fait tache, appelle au boycott des Jeux.

Cette question du Tibet, on dirait que certains l’ont en travers de la gorge, que là, ils le tiennent leur Tibet, qu’ils vont récupérer leur dû, leurs petites affaires. Avec la plus grande hypocrisie, les voilà en train de disserter sur les droits de l’homme, sur les régimes policiers, mais surtout, les voilà, qui s’indignent, qui font de grands effets de manche, profèrent de grande menaces.

Forcément, des gens s’interrogent. Ou, du moins, pensent s’interroger. C’est-à-dire qu’avant tout, ils s’interrogent sur le sens de la lutte du Dalaï Lama ou des Tibétains.

La polémique au sujet du Tibet a des relents de guerre de religion. Il s’agit non seulement d’imposer des principes, mais une religion aux communistes, eux qui n’en veulent pas.

Certaines O.N.G., comme Amnesty international, Reporters sans frontière, dont le coude à coude dans cette affaire donne à penser, contribuent à orchestrer une importante campagne.

C’est de l’éreintement.

Le Dalaï Lama est reçu par de nombreux dirigeants et chefs de gouvernement. Amnesty organise des manifestations dans de nombreux pays, dont la Belgique. L’organisation internationale fait bien sûr état des conditions de détention pénible des prisonniers politiques ce qui est son rôle, mais elle n’hésite pas à faire de l’agitation. Tout d’un coup, ses affiliés se mobilisent, deviennent visibles.

Beaucoup d’intellectuels, de journalistes, parfois des activistes, qui, tout d’un coup, ne rencontrent plus de problèmes sur le plan de la censure, traitent du problème. Mais, au lieu de se poser des questions sur l’hypocrisie occidentale qui cherche toujours à diviser, qui a fait exploser la Yougoslavie, ou, du moins, au lieu de faire la part des choses, ils se prétendent dramatiquement choqués par la répression, par la justice sommaire qui est appliquée par le régime chinois.

Puis, tout d’un coup, en apparence, quelques semaines avant les Jeux, les choses se tassent. En Chine, un dramatique tremblement de terre fait des milliers de victimes. Principalement des Tibétains.

Par la suite, dans la presse, la répression organisée par le régime chinois devient encore un thème d’actualité relativement banal, courant. En contrepartie, les informations à ce sujet cessent d’être systématiquement provocantes.

À quoi bon ? Pourquoi tout ce remue-ménage, et puis, en apparence, plus rien ? Dans quel objectif ? Et que faut-il en penser ?

Probablement, les Occidentaux ont-ils ajouté une menace à leur panoplie. Dans la partie de bras de fer qui oppose l’économie occidentale et l’économie chinoise, ils ont rendu davantage opérante une vieille revendication, ils en ont refait un thème d’actualité.

De fait, une certaine contagion était probablement à éviter. Dans quel but, pourquoi ? Il m’a semblé qu’alors que l’humanité est dans le creux de la vague, sur le plan des droits de l’homme, c’était pour disposer à nouveau de l’exclusivité en matière de critique des droits de l’homme, pour être à nouveau les seuls à en parler. C’est aussi, après le pitoyable spectacle des violations massives des droits de l’homme en Irak, ou à Guantanamo, à Cuba, notamment, pour rappeler qui est seul en mesure de dire ce qui est bien, ce qui est mal, qui fait le bien, et qui fait le mal.

P.-S.

Creative Commons License
Le sens de la lutte à l’échelon international et le Tibet by Paul Willems est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons NonCommercial Sampling Plus 1.0.

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