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Persistance

Chômage et réalités

Il y a bien une idéologie, mais laquelle ?

mardi 7 octobre 2014, par Paul Willems

On vit dans une société en chantier où les changements sont permanents. Les choses progressent, et elles reculent. L’histoire n’est pas finie. Pour la première fois dans l’histoire, elle pourrait prendre fin, mais cela ne veut pas dire la même chose. La démocratie est inachevée. Mais certains croient disposer de certitudes à son sujet. Un précaire ne sait pas si, dans un, deux, ou trois mois, il aura encore du boulot. Il ne sait pas s’il va continuer à habiter la maison qu’il habite, ou rester avec quelqu’un. Un travailleur ne sait pas combien de temps il va pouvoir continuer à faire le même boulot. Devenu sdf, un chômeur ne sait pas s’il pourra continuer à voir ses enfants. C’est terrible, par rapport à quelqu’un qui sait qu’il les verra encore dans 10, 20 ans. On a un enfant, et on ne peut pas le voir, a fortiori s’en occuper.

Il y a des moments où rien ne se passe, des périodes ou on dirait que le monde entier est en train de basculer dans l’abîme, des moments où on bouche des trous, ou bien où on panique. Il y a des périodes d’activité intense, où on se lève tôt, où on exécute des ordres, toute la journée, qu’on juge inestimable, même si l’on n’a rien accompli de formidable.

Certains suivent des formations les unes après les autres. Par contre, d’autres cherchent désespérément du boulot.

Quelques-uns n’ont pas le temps pour les autres. Il n’existe plus rien que soi.

D’autres ne pensent qu’aux autres, et ne parviennent plus à penser à eux.

Des précaires s’habillent le mieux possible, malgré la dèche, évitent d’accepter de faire autre chose que ce qu’ils savent faire, font valoir à tous crins leurs compétences. Certains travailleurs acceptent de changer de boulot tous les trois mois. Des étudiants déménagent tous les ans.

Certains fuient les riches comme la peste, et d’autres leur courent après du matin au soir.

Ceux qui seraient en mesure de vous procurer un emploi, fût-ce un emploi d’un jour, ignorent qui vous êtes, et réciproquement.

Des chômeurs profitent de leur temps libre. Ils n’ont pas du tout envie de chercher du boulot du matin au soir. Plein de gens leur en font le reproche. Ce sont des reproches fébriles qui font écho aux appels pervers à bosser davantage, plus vite, plus longtemps. Presque personne ne réagit, excepté les militants de toujours.

Le mot travail fait pousser des cris d’effroi à des chômeurs de longue durée. Qu’est-ce qu’ils connaissent du monde du travail ? Ils se souviennent comme si c’était hier des raisons pour lesquelles on les a licenciés dix ans auparavant.

Certains tentent de guérir de maladies incurables.

Le reste du monde est en proie à une compétition acharnée. Des pays, des peuples, des régions du monde s’effondrent. Leur économie passe dans d’autres mains. L’exhortation récurrente à accepter des conditions de travail, une forme de soumission qui paraissent de ce fait insupportables, sert de justificatif.

La télé ou la presse passent leur temps à faire la plate éloge de stars, de vedettes…

De petits et de grands patrons violent allègrement les lois, profitent du marasme. Leurs employés en paient les conséquences.

Des dirigeants en costume-cravate accusent systématiquement les autres. Des travailleurs les croient. D’autres leur font plein de reproches.

Le tiers-monde irait mieux si l’on n’envoyait pas des armées régulièrement tout casser, changer les équipes qui sont au pouvoir. Des peuples se font massacrer pour un oui ou pour un non, mais l’on arrive toujours à trouver d’autres coupables sur lesquels tout le monde tombe. C’est affreux. Les Ukrainiens étaient tellement heureux avant que le communisme ne vienne tout gâcher. Cela va de soi.

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