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Économie et société

L’identité

Riches et pauvres, chômage et inégalité

lundi 3 février 2014, par Paul Willems

Qu’est-ce que l’identité ? Beaucoup de programmes politiques essaient de définir cette identité et de conférer des droits à des personnes en fonction de cette identité. Ainsi certains parlent des travailleurs, et des bourgeois, d’autres prétendent que c’est sa culture, sa langue qui confèrent son identité à une personne.

La charte des droits universels considère que toute personne a les mêmes droits. Mais beaucoup de gens s’efforcent de disposer de plus de droits, ou d’autres droits que les autres. Dans la plupart des cas, ils font erreur. Mais est-ce toujours le cas ? Comment répondre à cette question ?

Le travail joue un rôle central dans la question de l’identité. Se définir par son activité est une bonne façon de définir son identité. Cette société n’a pas éliminé le travail, et elle ne l’éliminera pas. Tous nous travaillons.

Pour caractériser l’identité du travailleur, il n’est cependant pas nécessaire de l’opposer au riche, au bourgeois, ou au possédant. Pourquoi mettre ces derniers à l’écart, pourquoi les discriminer ? Pourquoi cette sorte de sectarisme, voire de racisme ? Parce que certains possédants voudraient faire, ou font la même chose avec des travailleurs, sinon avec tous les travailleurs ?

Quand on se compare, c’est l’autre qui devient la cause des problèmes. Ça ne va pas. Souvent les riches ne sont pas différents des pauvres. Ils ont les mêmes attitude face à la société. Ils recherchent la protection de ceux qui sont plus riches ou plus puissants qu’eux. Parfois, ils sont ce qu’ils sont parce que les pauvres le veulent bien aussi. Les riches ne sont pas non plus les seuls responsables des problèmes que rencontrent les travailleurs.

Il n’est pas facile de diriger des entreprises, de faire en sorte qu’elles soient rentables. Quel salaire octroyer au travail ? Cela dépend de tellement de choses. Notamment, du salaire des travailleurs des autres entreprises. Que se passerait-il en effet, si l’on touchait un salaire bien plus important que celui que gagnent les autres travailleurs ? Est-ce que cela n’aurait pas une influence sur la psychologie des travailleurs, sur la société toute entière ? Est-ce que les travailleurs travailleraient de la même manière ? Cette question concerne l’organisation de la société, pas seulement celle du travail. Il n’est pas facile de toucher à l’organisation du travail parce qu’elle est liée à celle de la société.

Dans l’entreprise, comment cohabitent des gens qui travaillent à temps plein, ou qui travaillent quatre cinquièmes temps par exemple ? Comment gérer toutes ces identités ?

Il n’y a pas que le salaire. Quel est tel juste prix d’un produit ? Il est difficile de résoudre ce problème.

La société résout ces question en essayant d’imposer le même statut à tous les travailleurs qui font un même type de travail, et les mêmes prix. Mais elle ne parvient ni à fixer le niveau des salaires, ni à fixer les prix. Elle crée des différences de statut importantes. ces différences se créent d’elles-mêmes, et il s’agit d’en tenir compte.
La société applique le principe : à travail égal, salaire égal. Elle crée cependant des postes de super-travailleurs. Et elle engendre le chômage.

Ranger des gens dans des catégories comme pauvres ou riches a une certaine utilité, mais ce n’est pas toujours correct. Il y a des travailleurs riches et des managers pauvres.

Les managers sont des sortes de coachs. Ils font en sorte que l’équipe des travailleurs atteigne le but souhaité non seulement par l’entreprise, mais par les travailleurs eux-mêmes. Ce faisant, les managers doivent tenir compte de toute une série de facteurs, de l’organisation économique existante.

La société essaie de leur donner les moyens de prendre certaines décisions, autrement dit elle permet que leurs propositions soient prises comme des ordres. Plus leurs entreprises comportent un grand nombre de travailleurs, plus la société essaie de les mettre à l’abri de leurs reproches en leur conférant un statut à part. Son but est d’empêcher des débats sans fin.

Il n’y a pas que les managers qui sont chargés de résoudre tous les problèmes qu’elle a du mal à gérer elle-même. Il y a aussi les juges. Ils peuvent se tromper. Leur jugement n’est pas basé sur des sciences exactes, mais ils sont néanmoins capables de tenir compte d’énormément de facteurs. Les managers tiennent compte des rapports économiques existants entre les entreprises elles-mêmes, et à l’échelon mondial. Ils tiennent compte des rapports sociaux. Ils prennent ce que les gens appellent des décisions en fonction de tous ces facteurs. Ils représentent une sorte d’appareil de mesure qui doit sans cesse tenter d’adapter les prévisions de l’entreprise à une situation globale. Est-ce que ceux qu’on appelle les gestionnaires seraient capables de justifier toutes leurs décisions ? Non. En tout cas pas au pied levé. Sans doute, devraient-ils davantage tenter de le faire. Et sans doute aussi faudrait-il que le débat soit plus ouvert à ce sujet. Mais certains choses sont difficiles à saisir.

Il y a des managers qui n’ont qu’un objectif : augmenter sans fin leurs profits, par tous les moyens. Cela les rassure, parce que si leurs bénéficies sont insuffisants, ils sont incapables de payer des salaires.

Les travailleurs donnent souvent l’impression d’être soulagés d’avoir des gens qui s’occupent de tout ça à leur place.

Mais, évidemment, les choses vont parfois trop loin. Pas plus que les travailleurs, les managers ne sont pourtant responsables de cette situation. Aujourd’hui, la compétition économique se règle à coup de crises financières. Des pays entiers sont confrontés à des situations qui, en un jour, deviennent catastrophiques. Souvent, ceux qu’on appelle les riches ne sont pas plus responsables de cette situation que les autres. En un sens, bien sûr que ce sont eux qui le sont, mais ils ne le font pas toujours exprès. Ils se font embarquer dans des mécanismes qui les dépassent. Ils délocalisent, ferment des usines restructurent pour ne pas tout perdre.

Nombreux sont les travailleurs qui ne font pas l’effort de chercher à comprendre véritablement à fond comment fonctionne l’économie. Lorsque c’est le cas, faut-il cesser de faire confiance aux managers ? En contrepartie, est-il nécessaire d’accroître leurs prérogatives ? Dans cette situation, certains donnent l’impression d’en profiter, tandis que d’autres se dévouent pour aider les autres. Il n’est pas aisé de trouver des solutions.

Bien sûr, il est nécessaire de choisir un bon produit à fabriquer, de rendre accessibles des services réellement utiles, et, d’une manière générale, il est également nécessaire de tenir compte de la société. Une entreprise, c’est avant tout une organisation sociale en rapport avec le reste de la société.

Celle-ci s’efforce de codifier les choses de manière à les rendre plus aisées, mais cette règlementation, ou plutôt cette codification, engendre elle-même des difficultés. Il arrive que des déséquilibres se produisent, qu’il soit compliqué de les corriger. Certains en ont retiré des avantages. Il semble injuste de le leur reprocher. Tous voudraient avoir la conscience tranquille. Comment réguler le profit à l’échelon d’une partie de la société ?

La société, ou plutôt les managers, le monde de la finance s’efforcent parfois d’exploiter toutes ces difficultés ? En attendant, les tensions qui résultent de ces dernières laissent plein de travailleurs sur le carreau. Cela donne des chômeurs, autrement dit des assistés. Mais il y a des sociétés où les chômeurs ne deviennent pas des assistés. Cela signifie que d’autres doivent se dévouer pour les aider.

Certains travailleurs aussi donnent l’impression qu’ils sont des assistés. Ils touchent un salaire sans s’impliquer dans la société. Ils cotisent pour le chômage, la pension, certes, mais ils semblent parfois coûter plus cher à la société comme on dit que des chômeurs. Leur travail dépend de l’existence de toutes sortes de discriminations. Même certains managers et certains financiers donnent cette impression d’être des assistés de nos jours. Qu’est-ce qu’un banquier dont la banque est sauvée de la faillite par des aides financées par l’impôt ?

D’autres semblent à l’abri et ne paraissent pas vouloir s’impliquer dans la résolution des problèmes de la société. Certains semblent même parfois chercher à les aggraver. Ne fut-ce qu’en partie. C’est une question de personne, de situation. Parfois, ces deux derniers groupes de personnes luttent les uns contre les autres.

À cause de tous ces déséquilibres, certaines personnes sont beaucoup plus riches que les autres. Évidemment, certaines d’entre elles voudraient pouvoir se dire qu’elles n’ont pas à se soucier des autres. D’autres pensent que seul un sur-pouvoir, un excès considérable de richesse les met à l’abri de la colère des autres. Il arrive qu’elles ne se sentent pas appréciées, et qu’elles cherchassent un échappatoire.
Que faire aussi de cet argent, et pourquoi avoir plus d’argent confère-t-il certaines prérogatives ?

Pour empêcher que des personnes ne profitent de la crise ou des crises, et ne mettent la société par terre, nous devons reprendre les choses en main. Nous devons le faire tous ensemble. En démocratie, les problèmes de chacun sont les problèmes de tous.

Pourquoi des managers ne pourraient-ils prendre certaines décisions sans être beaucoup plus riches que d’autres ? Quelles sont ces décisions qui sont d’un ordre tel qu’il faut des riches pour les prendre ? Sans quoi personne ne les prend. Pourquoi la société ne prend-t-elle pas démocratiquement les décisions qu’elle devrait prendre avant d’en arriver à une situation où seuls des riches peuvent prendre certaines décisions, qui sont très souvent catastrophiques ?

Politique et identité sont intimement liés, il n’est pas difficile de le comprendre. De la réponse adéquate à la question de l’identité dépend la solution de nombreux problèmes.

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