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Résumé

Note sur la politique d’asile

Activistes et médias et la question des sans-papiers.

jeudi 2 octobre 2014, par Paul Willems

Les sans-papiers sont en danger. Ils le sont depuis longtemps. Les retours forcés qui s’apparentent à des déportations ne sont pas le seul danger qui les guettent.

L’immigration dite clandestine, qui correspond à la question des réfugiés dans d’autres pays, et qui se solde en Europe et en Amérique du Nord par la chasse aux sans-papiers, représente un problème qui n’a pas l’air de trouver même l’ombre d’un début de solution

Il y a plein de réactions. Toutes sortes d’associations consacrent une énergie parfois folle à tenter de faire changer des choses. Leur travail est partiellement relayé par les médias. Mais la moindre prise de position des médias a beaucoup plus d’impact que les leurs. On dirait qu’il n’y a rien à faire.

Il n’y a pas plus de solidarité entre le monde organisé du travail et ces travailleurs sans-papiers qu’entre les organisations de chômeurs et les autres organisations de travailleurs dans les années trente.

Il n’y a pas de techniques servant à orienter l’opinion publique. Mais le rapport entre les modes d’expression différents de l’activisme et des médias confère un avantage systématique aux dirigeants élus. Il en est surtout ainsi à cause d’une idéologie qui s’appuie sur ce rapport et sur la politique menée. Il s’agit donc d’un cercle vicieux. Une idéologie rend crédible un point de vue qui sert en même temps à inculquer cette idéologie aux masses. C’est le sort dévolu aux sans-papiers qui sert à répondre le préjugé que les pays développés ne jouent aucun rôle dans la destruction des économies du tiers-monde. Cela bien sûr alors qu’en même temps, les dirigeants proclament leur solidarité vis-à-vis de certaines minorités du tiers-monde et interviennent dans le tiers-monde, et qu’ils font tout pour promouvoir la mondialisation économique.

En gros, cette idéologie sert avant tout à inculquer le point de vue que les puissances démocratiques ne sont pas impérialistes, qu’elles ne sont pas responsables de la situation des pays du tiers-monde, et des défauts de la mondialisation, et donc par conséquent que l’immigration en provenance du tiers-monde est illégitime. Ainsi qu’a fortiori celle en provenance des pays développés.

La crise renforce cette illusion.

Les médias ne stigmatisent pas l’immigration clandestine. Mais contribuent à stigmatiser des associations de défense des sans-papiers, et soutient l’appareil répressif en jugeant la plupart du temps les rafles, les arrestations de sans-papiers, légitimes, même si regrettables. C’est la loi qui est invoquée, et indirectement une fausse cohérence.

Sur un autre plan, la fermeture des frontières à l’immigration et les jeunes réfugiés issus des pays victimes de la mondialisation et du néocolonialisme, largement responsable de l’attitude des dirigeants des pays sous-développés, fait de ces jeunes des proies toutes désignées pour les marchands de travail et les exploitants de main-d’oeuvre clandestine.

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