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Charte, manifeste du chômage

vendredi 10 octobre 2014, par Paul Willems

Les chômeurs sont ceux qui, soit momentanément, soit de façon plus durable, ne sont pas insérés dans l’organisation du travail abstrait. L’organisation du travail abstrait, c’est en gros l’organisation du travail, laquelle ne correspond pas exactement à l’idée que l’on se fait en général du monde du travail qui n’en représente qu’une partie. Un artiste qui gagne sa vie ne fait pas partie du monde du travail, mais est inséré dans l’organisation du travail. Le monde du travail, c’est en gros tous ceux qui ont un patron.
Pourquoi le chômeur ne s’insère-t-il pas dans l’organisation du travail abstrait, pourquoi ne parvient-il pas à exercer une activité économiquement viable ? On s’en doute, la raison est aussi bien économique que sociale, que politique, que matérielle, ou morale.

Les causes du chômage

Les causes du chômage sont multiples, complexes. Certaines sont politiques. La politique du chômage est du ressort de l’exécutif, du gouvernement, pas du parlement. Le chômage et l’existence des chômeurs sont réglés par des arrêtés, pas par des lois. L’énorme législation du chômage, le droit du chômage, contrairement au reste du droit du travail, est le produit d’une activité bureaucratique et de l’arbitraire gouvernemental, pas celui du Parlement. En un sens, le chômage et la politique du chômage représentent un travers à cause duquel des pratiques antidémocratiques, un bureaucratisation de la société et de la vie politique se produisent. Il s’ensuit un certain arbitraire, une sorte d’instabilité, un certain manque de références idéologiques et de principes.
Il y a d’autres causes politiques comme le besoin d’une partie de la société d’imposer son point de vue, ses manières de penser et de fonctionner à une autre. Priver les gens de ressources, ou du même statut que les autres, permet de conditionner leur acceptation de toutes sortes de raisons. Le chômeur doit réussir des épreuves, montre patte blanche, et fait plus souvent l’objet de critique lorsqu’il trouve un emploi.
Mais l’état octroie aussi des allocations de chômage et innove également. La société s’efforce de résoudre le problème du chômage et elle innove pour y parvenir. Mais cette évolution est lente, et pleine de reculs momentanés, ou permanents. Il se peut que la société ne parvienne pas à ses fins.
Certaines causes sont sociales. Il s’agit en particulier des inégalités, elles-mêmes liées à des phénomènes tels que la corruption, ou l’arbitraire. Il s’agit aussi de la propension de la société à exclure une partie de ses membres en cas de crises, à les rejeter, à les obliger à se débrouiller, et à justifier cette exclusion massive de toutes sortes de manière, croyant échapper au même sort, et espérant partager les ressources existantes en moins de parts sociales..
Certaines causes sont morales, et relationnelles, voire psychologiques. L’exclusion entraîne certains handicaps. Les causes morales du chômage sont complexes.
Il y a enfin les causes économiques.
Les sociétés sont toutes confrontées à des crises. Lorsqu’elles ne sont pas confrontées à des crises, elles ont tendance à en dominer d’autres et à provoquer des crises chez les autres. Ce pourquoi elles ont également tendance à imposer à tous un même point de vue concernant certains faits.
Sur un plan économique, les places sont comptées ? En période de chômage de masse, les solutions apportées à ce problème, ne font souvent que compliquer la vie des chômeurs, et qu’aggraver le problème du chômage. Des pressions sont exercées sur le monde du travail. Un nouveau cadre de travail voit le jour, avec de nouvelles catégories de travailleurs. Le chômage de masse est également lié à ces pressions qui par exemple consistent à pratique du dumping social. Le conflit entre le monde du travail et le monde capitaliste joue un rôle de premier plan dans l’éclatement des crises et la multiplication des chômeurs.

Les buts des chômeurs

Forcément anti-système, beaucoup de chômeurs croient qu’il y a moyen de fonctionner sans multiplier les inégalités. Certains n’associent pas forcément égalité et démocratie. Dans l’état actuel des choses, la démocratie paraît impossible à atteindre, à améliorer.
Elle est le paradis des passe-droits, des privilèges et des droits acquis indécrottables, des vedettes et des stars qui sont tout ce dont il y a moyen de parler et que les gens connaissent. Ou alors il ne s’agit pas réellement d’une démocratie.
Ils n’apprécient guère non plus le pillage du tiers-monde, les inégalités formidables. Travailler, d’accord, mais il en faut pour tout le monde. En réalité, ils ne parviennent plus à se convaincre du bien-fondé de ces guerres inégales, horribles, et de ces dettes infernales qui détruisent des pays, et qui préparent la fin du monde. Ils se rendent bien compte, que, moyennant ces conditions, il est absurde de fermer les frontières, de refouler les réfugiés, qu’exploiter des sans-papiers est monstrueux.
Ils veulent être responsables d’eux, et surtout jouer un rôle comme les autres, cesser de rester en dehors, et également cesser d’être des victimes consentantes de tous les règlements et les arrêtés décidés par les gouvernements de plus en plus bureaucratiques, qui ont bien plus qu’eux-mêmes, pratiquement tout raté, et pas par les élus qui sont trop bien rémunérés, et dont les partis sont tous financés par les riches, et les grandes entreprises, et qui ne s’occupent pas d’eux !

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